Né en 1919 dans la province de Babil en Irak, Ali Jawed Al Taher avait un destin particulier, celui d'un homme qui, dès sa première rencontre avec les livres, devait ne plus les quitter jusqu'au dernier instant de sa vie.
C'est dans les livres, dont il devint le plus fervent des lecteurs, qu'il consigna, autant qu'il l'illustra, sa passion pour la critique, la littérature, la traduction et, surtout, la culture dont il savait, dès qu'il avait ouvert les yeux sur la réalité du monde, qu'elle devait être son cheval de bataille pour arrimer son pays à la modernité.
Passionné comme un poète, méticuleux comme un orfèvre, rigoureux comme un cénobite, Al Taher faisait de l'excellence son credo, chassant, en critique impitoyable, la médiocrité et la complaisance.
En cela, il gagna le respect de ses pairs et la vénération d'une génération montante d'écrivains qui avaient vu en lui un traceur de voies, un éclaireur.