Je me suis toujours demandé : Mais que ressentaient Vraiment, sur leur lit de mort, des hommes hautement intelligents comme lbn Khaldun ou lbn Rushd ? Ils ne pouvaient pas, après ce qu’ils avaient vécu, observé, théorisé, en être restés à ce qu’on rapporte d'eux. ils ont dû penser autre chose, qu’ils n'ont pas voulu consigner pour ne pas désespérer les chaumières.Cette attitude, je la connais bien. Je me dis : De quel profit peut être une profession nihiliste ? En vue de quoi s’imposer un devoir de sincérité ? Nos grands penseurs n'ont pas été sincères, selon nos critères, n'ont pas eu ce genre de courage. L'eussent-ils été, qu'aurions-nous aujourd'hui sinon une littérature autre?Beaucoup se réfèrent ces derniers jours à ce que j'ai pu écrire:«Le Maroc est une ile » ou « La politique extérieure de l’Algérie indépendante est celle qu'aurait eu une Algérie franco-algérienne envisagée par les accords d'Evian. » C’est très bien, encore faut-il en tirer les conséquences qui ne sont pas toutes favorables à notre pays. Je ne me réjouissais pas de ce que j’écrivais, je le déplorais même, mais on ne peut pas être raisonnable pour deux.