Comment présenter Suhail Idris en si peu de mots ? Penseur, écrivain, romancier, activiste il fut, comme certains l'ont dit, « un pluriel au singulier », ou l'ont affirmé d'autres une « institution littéraire et intellectuelle » autonome, ou enfin comme un grand nombre d'écrivains, de poètes et de romanciers l'affirment, qu'« il n'y a pas eu d'écrivain ou de poète arabe dans la seconde moitié du siècle dernier qui ne doit quelque chose à Suhail Idris ».
Il ne suffit pas de dire que sa trilogie a renouvelé de fond en comble la trame narrative et la thématique du roman arabe moderne pour lui rendre son dû, il faut ajouter qu'il fut un faiseur d'opinion autant en poésie qu'en politique, qu'il fut une tribune ouverte à tous les vents de la modernité. Mais dire tout cela ne suffira toujours pas à lui rendre son dû, parce qu'enfin il fut de son temps en le faisant.